Introduction
Chez MONTONI, bâtir durablement, ce n'est pas une tendance. C'est une conviction ancrée depuis presque 30 ans. Aujourd'hui, cette conviction prend la forme d'un engagement formel : atteindre la carboneutralité d'ici 2040.
Cet objectif n'est pas apparu du jour au lendemain. Il est le fruit de près de trois décennies de développement immobilier responsable, d'un premier bilan carbone réalisé dès 2019 et de plus de 50 projets certifiés LEED depuis les débuts de l'entreprise. Il découle surtout d'une vision fondatrice qui n'a jamais changé : bâtir pour les générations futures.
Cet objectif figurait déjà dans notre rapport ESG. Nous voulons aujourd'hui lui donner plus de visibilité et, surtout, montrer que le travail est déjà bien entamé. Patrick Côté, directeur du Développement durable, et Michelle Dupuis-Gilbert, conseillère en Développement durable et ESG, nous guident à travers la stratégie, les projets concrets et les décisions qui nous rapprochent de 2040.
L'immobilier face à l'urgence climatique : pourquoi il est temps d’agir
L'industrie du bâtiment est le troisième secteur le plus polluant au monde, représentant 37 % des émissions mondiales de CO2 liées à l'énergie et aux procédés opérationnels. Ce chiffre interpelle directement tous les acteurs du secteur et en particulier ceux de l'immobilier industriel, où peu d'entreprises se sont encore fixé des cibles formelles de carboneutralité.
Chez MONTONI, cet engagement ne vient pas d'un désir de reconnaissance. Il vient de la certitude que si nous y arrivons, d'autres peuvent y arriver aussi.
C'est un sujet qu'on doit garder vivant. Pour y arriver, il faut faire des efforts à tous les jours. On ne peut jamais dire "c'est fait". C'est pour ça qu'on ne fait pas juste le dire, mais qu'on le fait aussi.
MONTONI occupe une position unique dans l'industrie : à la fois développeur, entrepreneur général et propriétaire de ses bâtiments. Ce triple rôle lui confère un contrôle sur l'entièreté du cycle de vie d'un projet, de la conception jusqu'à l'exploitation. Un avantage rare et une responsabilité assumée pleinement.
Ce contrôle se réflète directement dans les résultats. Entre 2021 et 2024, l'intensité du carbone intrinsèque de MONTONI a diminué de plus de 20 %. Les émissions liées à la consommation d'énergie ont reculé de 16 % sur la même période. La décarbonation de nos projets n'est pas un idéal lointain. C'est une réalité mesurable, projet après projet. Et MONTONI avance déjà dans la bonne direction.
L'urgence climatique a été constatée très tôt chez MONTONI. On sait qu'on a de grands impacts sur l'environnement, et on a pris action rapidement. Ça vient directement de nos valeurs et de notre mission de durabilité.
Carboneutralité et décarbonation : deux concepts à ne pas confondre
La décarbonation et la carboneutralité sont deux termes qui sont souvent confondus, alors qu'ils décrivent deux étapes bien distinctes d'une même démarche. Comprendre leur différence, c'est mieux saisir ce que représente un engagement de carboneutralité.
La décarbonation, c'est l'ensemble des mesures visant à réduire ou éliminer les émissions de GES à la source : les choix de matériaux, les systèmes énergétiques, les pratiques de construction. Quant à elle, la carboneutralité, représente l'état atteint lorsque les émissions résiduelles sont compensées, amenant le bilan net à zéro.
Dans une vision durable, l'ordre dans lequel ces termes sont présentés compte. La décarbonation passe toujours avant la compensation. La compensation n'est pas un raccourci. C'est un dernier recours assumé, utilisé uniquement pour ce qui ne peut pas encore être réduit à la source.
Pour mesurer tout cela avec rigueur, MONTON inclut les principales sources d’émissions et sont adéquatement représentées dans son bilan carbone, y compris le Scope 3, soit les émissions liées aux matériaux de construction, aux fournisseurs et au transport. Parce que sans mesure complète, il n'y a pas de plan réaliste.
La décarbonation, ce sont les efforts et les actions qu'on met pour réduire notre impact. La compensation, c'est ce qu'on utilise en dernier recours pour les émissions qu'on ne peut pas encore éliminer. Le premier effort, c'est de changer nos habitudes, pas de compenser.
Ce qu'on ne mesure pas, on ne peut pas le changer
Tout commence par la mesure. MONTONI a réalisé son premier bilan carbone en 2019 et c’est ce jalon qui a rendu possible tout ce qui a suivi.
En 2024, l'analyse a été encore affinée, intégrant de nouvelles catégories d'émissions comme les fuites de réfrigérant. Un travail de collaboration impliquant l'ensemble des départements de l'entreprise. Résultat : un portrait carbone précis, mis à jour chaque année, qui oriente chaque décision d'investissement et de conception.
L'objectif intermédiaire est clair : réduire de 50 % les émissions des champs d'application 1 et 2 d'ici 2030, par rapport au niveau de 2021. Une étape concrète en route vers la carboneutralité 2040.
Comment MONTONI décarbone : matériaux, énergie et compensation
Notre stratégie repose sur trois axes prioritaires, dans un ordre précis. D'abord réduire l'empreinte des matériaux. Ensuite, optimiser la consommation d'énergie. Et seulement après, compenser ce qui ne peut pas encore être éliminé.
Changer les matériaux pour changer les règles du jeu
Le carbone intrinsèque, soit les émissions générées tout au long du cycle de vie des matériaux de construction, représente environ 85 % de notre bilan carbone. C'est le chantier le plus complexe et le plus déterminant.
Nous n'avons pas le contrôle sur la fabrication des matériaux. Mais nous avons le contrôle sur les choix que nous faisons. Ce levier, nous l'exerçons pleinement, en travaillant activement avec nos fournisseurs et fabricants pour accélérer l'évolution du marché vers des solutions à plus faible empreinte.
Depuis 2023, nous menons des analyses de cycle de vie (ACV) sur nos projets majeurs pour identifier les matériaux à plus forte empreinte et orienter nos priorités. Deux innovations concrètes ont déjà été intégrées comme standards :
Le béton bas carbone d'abord. Après une phase d'analyse et de projets pilotes en 2025, dont Écoparc Laval 15 où son intégration a permis une réduction de 13 % des émissions associées au béton, il est devenu un standard pour tous nos projets depuis janvier 2026. Notre objectif : réduire de 18 % les GES liés au béton sur l'ensemble des constructions. Chaque nouveau projet contribue à cet impact cumulatif.
Vient ensuite le bois massif. Une étude interne démontre que le bois peut réduire jusqu'à 20 % des émissions de GES liées à la construction de bâtiments industriels. Nous travaillons à l'intégrer dans nos structures résidentielles et industrielles, en mode hybride ou en structure complète. La réalisation d'un premier projet industriel en bois massif est prévue dans un avenir proche.
Une chose ne change pas dans tout cela : la qualité. La décarbonation ne se fait jamais au détriment de nos standards de construction. Parce que les deux sont non seulement compatibles, mais indissociables d'une vision à long terme.
Des bâtiments qui consomment moins et mieux
La consommation d'énergie de notre parc immobilier de près de 9 millions de pi² en croissance, avec une quarantaine de bâtiments, représente environ 8 % de notre dernier bilan carbone. Ce levier touche à la fois nos nouvelles constructions et nos bâtiments existants.
Pour les nouvelles constructions, chaque projet vise les certifications les plus exigeantes du marché. Écoparc Saint-Bruno en est l'exemple le plus éloquent :
Réduction de 38 % des coûts en énergie totale
Réduction des émissions de GES liées à l'énergie de 56 %
Près de 750 panneaux solaires représentant 6 % de l’énergie consommée par le bâtiment
Économie d'eau potable de plus de 75 % grâce à des appareils à faible débit et à l'utilisation de l'eau de pluie pour les toilettes et urinoirs
C'est le standard que nous voulons normaliser. Dès 2026, des panneaux solaires et des processus de stockage d'énergie par batteries s'intégreront à plusieurs de nos nouveaux projets.
Pour nos quelque 40 bâtiments existants, un programme d'audits et de recommissioning est en cours. En 2026, 10 bâtiments seront analysés en profondeur pour identifier les pistes de décarbonation et planifier la réduction progressive des combustibles fossiles. Ce travail est mené en collaboration avec Alcovi Capital, notre gestionnaire immobilier.
MONTONI aurait pu vendre ces actifs moins performants, mais nous avons choisi de les décarboner. Un investissement de 30 millions de dollars sur 15 ans y est consacré, un engagement financier concret annoncé en 2024, qui reflète notre vision à long terme.
Le Programme PURE : compenser autrement, pour de vrai
Même avec les meilleurs choix de matériaux et la meilleure performance énergétique, certaines émissions ne peuvent pas encore être éliminées. La compensation est inévitable. Mais elle peut et doit être faite avec rigueur, transparence et impact réel.
Plutôt que de prévoir acheter des crédits carbone, MONTONI a développé sa propre stratégie de compensation : PURE par MONTONI, lancé en 2024. L'approche est proactive et locale. Elle repose sur le financement de projets au Québec qui génèrent une compensation annuelle croissante, pensée pour s’aligner avec les objectifs de carboneutralité d’ici 2040.
Trois types de projets structurent ce nouveau programme : la conservation de milieux naturels, la plantation d'arbres et la restauration de milieux naturels. Les actions sont déjà bien enclenchées : 6 800 arbres ont été plantés en 2025 dans le cadre du programme « 1 arbre pour 1 arbre », pour 495 arbres coupés lors de constructions. Un projet de restauration d'un milieu humide est en cours à Écoparc Saint-Bruno.
L'impact dépasse la séquestration carbone. Il touche la biodiversité, les communautés locales et la traçabilité, tous des éléments impossibles à garantir avec des crédits achetés sur le marché.
On a voulu faire la compensation différemment. Plutôt que d'acheter des crédits carbone chaque année, on finance des projets qui vont générer une compensation annuelle pendant des années. Un arbre planté aujourd'hui sera à son plein potentiel de séquestration en 2040, mais on l'aura planté il y a 15 ans.
Le bâtiment de 2040 existe déjà sur nos planches à dessin
Un projet industriel prévu en chantier incarnera bientôt la vision de MONTONI pour l'avenir : une structure complète en bois massif, du béton bas carbone, 30 % de l'énergie produite par panneaux solaires en toiture, stockage d'énergie par batteries, certifications LEED et Bâtiment à Carbone Zéro. Il sera le bâtiment le plus ambitieux et performant d’un point de vue environnemental jamais développé par MONTONI et la démonstration concrète que cet idéal est atteignable.
Ce projet n'est pas une exception. Il s'inscrit dans une trajectoire construite projet après projet. Écoparc Saint-Bruno a montré ce que la performance énergétique maximale signifie concrètement. Quant à lui, Écoparc Laval 15 a intégré le béton bas carbone avant même qu'il devienne un standard universel. Le centre de distribution du Groupe Robert a décroché la première certification BCZ de MONTONI. Espace Montmorency illustre ce qui est possible à grande échelle : une boucle énergétique qui réduit les émissions de GES de 80 %, une réduction de 52 % des coûts en énergie totale, sur 1,3 million de pi².
Chaque projet pousse un peu plus loin, et chaque mesure s'additionne.
Si tous les autres pouvaient suivre cette voie, l’industrie serait en bien meilleure position. On avance une mesure à la fois, et chaque mesure s'additionne.
Ce que MONTONI bâtit aujourd'hui, c'est le secteur de demain
La carboneutralité 2040 n'est pas une promesse lointaine. C'est un travail quotidien, déjà bien entamé dans les chantiers, dans les bâtiments existants et dans les forêts du Québec.
MONTONI ne veut pas être la seule à se transformer. L'ambition, c'est d'entraîner toute une industrie. En participant activement à des comités, organismes et ateliers sectoriels, nous cherchons à influencer les normes et à prouver une chose : construire durable, c'est rentable. MONTONI se positionne ainsi comme leader en développement durable dans son secteur.
La réglementation suit également le mouvement. Le gouvernement provincial prévoit une cotation des bâtiments et l'intégration du carbone intrinsèque dans les normes de performance dans les années à venir. Une avancée qui récompensera ceux qui ont agi tôt et qui forcera les autres à accélérer.
Pour les entreprises qui souhaitent s'engager dans cette direction, la première étape n'est pas la plus complexe. C'est de mesurer. Connaître son impact. Puis agir, une initiative à la fois. C'est exactement comme ça que MONTONI a procédé, et chaque année, la stratégie s'affine, les résultats s'accumulent et l'objectif 2040 devient un peu plus concret.
La première étape, c'est d'être conscient de son impact. On a commencé par un bilan carbone, puis on a implanté des choses progressivement. À chaque année, on rajoute des mesures. C'est en accumulant ces initiatives qu'on finit par décarboner ses activités et se fixer des objectifs de plus en plus ambitieux.
Écrit par
- Patrick CôtéDirecteur, Développement durablePatrick Coté, directeur, Développement durable, cumule plus de 15 années d’expérience dans le secteur du développement et la durabilité des bâtiments. Il a supervisé avec succès plus de 70 projets de construction LEED. Depuis son arrivée chez MONTONI il y a plus de 10 ans, il a contribué à des changements significatifs au sein de l’entreprise. Son engagement envers la responsabilité sociale et environnementale s'est concrétisé par la réalisation du premier bilan carbone de l'entreprise en 2019, marquant le début d'une démarche globale en matière de gouvernance d'entreprise. Aujourd'hui, Patrick porte la responsabilité de conduire l’entreprise vers ses objectifs de décarbonation : une réduction de 50 % des émissions de GES d'ici 2030 et la carboneutralité d'ici 2040. Son équipe et lui sont animés par une volonté d’innovation, cherchant à transformer nos pratiques et à faire des critères ESG un pilier dans toutes les actions de l’entreprise.
- Michelle Dupuis-GilbertConseillère, Développement durable & ESGEn tant que conseillère, Développement durable & ESG, chez MONTONI, Michelle contribue activement à l'intégration des plus hauts standards environnementaux et sociaux au cœur des projets de l'entreprise. Forte d'une expérience diversifiée en conseil en énergie et environnement, elle apporte une expertise pointue en comptabilisation des GES, en évaluations GRESB et en certification B Corp. Engagée pour l'avenir, Michelle participe à la concrétisation des objectifs de carboneutralité 2030-2040 que MONTONI s'est fixés, en collaborant étroitement avec l'ensemble des départements, de la conception à la gestion des immeubles.

