Les villes du futur

Auparavant, les villes se développaient d’une façon organique, un peu par accident. Les gens s’établissaient à la croisée de deux rivières ou à un endroit où la terre était cultivable. Pensez à Montréal, qui célébrait tout récemment ses 375 années d’existence. La ville est née à partir d’un poste de traite de fourrure et, à mesure que les routes, les maisons et les quartiers s’y ajoutaient, elle a naturellement pris son expansion jusqu’à couvrir l’ensemble de l’île.

Aujourd’hui, une approche beaucoup plus structurée et stratégique doit être priorisée lorsque vient le temps de développer et de construire les infrastructures du 21e siècle. Mais avec la croissance constante de la collecte de données et la progression de l’intelligence artificielle (IA), il s’avère particulièrement intéressant de s’interroger sur le portrait que prendront les villes lors du siècle à venir.

« C’est une réflexion d’actualité pour l’industrie de la construction », affirme Dario Montoni, président fondateur de Montoni. « Comment mettons-nous à contribution toutes les données qui se présentent maintenant à nous ? Comment concevons-nous des édifices intemporels tout en y incorporant des technologies émergentes comme des voitures autonomes ? Il doit y avoir une évolution constante. »

Nous nous sommes entretenus avec Victor Char, urbaniste chez Montoni, au sujet de l’évolution des villes du futur.

De quelles manières la technologie changera la façon dont les architectes et les designers construisent des lieux où vivre et travailler ? Comment croyez-vous que cela affectera le développement des villes ?

Les villes doivent s’adapter plus facilement, s’ouvrir aux nouvelles technologies intelligentes et utiliser les données pour mieux comprendre et répondre aux besoins de ses habitants. J’entrevois un modèle hybride où des entités municipales collaboreront avec des développeurs technologiques indépendants. On peut déjà l’observer avec des villes comme Seattle, qui possède une équipe dédiée à l’innovation utilisant les nouvelles technologies et la collecte de données pour solutionner certaines problématiques urbaines.

Comment croyez-vous que la croissance de l’accessibilité aux données changera la façon dont les villes et les infrastructures seront conceptualisées ?

La démocratisation de l’internet est une des plus grandes innovations de l’histoire humaine. À un point où les designers doivent maintenant repenser la manière dont nous utilisons les espaces publics comme les bibliothèques et les universités. Ils devront redéfinir les espaces de rassemblement de façon à encourager les gens qui s’y trouvent à partager leurs connaissances au lieu de simplement déambuler dans des allées remplies d’ouvrages.

Comment croyez-vous que l’innovation numérique transformera l’industrie de la construction dans les années à venir ?

Nous souhaitons bâtir des environnements autonomes, durables et adaptatifs. Dans un avenir rapproché, veiller à ce que cela se produise à grande échelle sera le principal défi de l’industrie de la construction. Toutefois, je crois fermement que des bâtiments intelligents et adaptatifs seront au cœur de la transformation de l’industrie. Il ne s’agira plus seulement d’offrir une construction solide, il faudra aussi que celle-ci soit intelligente.

Si vous pouviez partir à zéro et concevoir un tout nouveau genre de ville, quelle serait la chose la plus importante à considérer ?

Les transports apparaitraient assurément en tête de liste. C’est réellement ce qui permet à une ville offrir un milieu de vie de qualité tout en étant efficace et prospère. Réduire l’espace réservé aux voitures au profit de transports en commun efficaces serait le fer de lance d’une nouvelle ville moderne.

L’espace et les ressources qui seraient sauvés nous permettraient de nous concentrer sur des choses plus pertinentes. Les routes pourraient devenir des espaces verts publics, des universités, des musées… Regardez simplement le Highline de New York ou le Greenway de Boston.

Quels sont les défauts des villes actuelles qui pourraient être réglés ou estompés grâce au design ?

Beaucoup des problèmes auxquels nous faisons face au 21e siècle sont des conséquences d’erreurs commises au courant du 20e siècle. Aujourd’hui, les réglementations municipales, en ce qui trait au design, sont beaucoup mieux réfléchies. Les municipalités analysent les projets en profondeur pour s’assurer qu’ils intègrent intelligemment les environnements déjà existants. Ce genre de synergie permet aux villes d’être mieux équilibrées en matière de design. Et ça continuera d’aller en s’améliorant ! Pendant trop longtemps, on se concentrait sur un seul arbre alors qu’il fallait considérer l’ensemble de la forêt.

Le nouveau programme de distinction de Montoni se concentre véritablement sur l’importance d’unifier le design et le bien-être des employés. Croyez-vous que cela marquera un nouveau niveau de standards dans la conceptualisation d’espace professionnels au courant des années à venir ?

De plus en plus, les données nous démontrent à quel point le bien-être d’un employé est directement lié à l’impact de son environnement. Quand les espaces de travail sont bien conçus, la productivité et le bonheur sont en croissance. Les entreprises ont même plus de facilité à attirer des nouveaux talents. Je crois que des programmes de distinction comme celui de Montoni, qui se concentrent véritablement sur un design nourri par les données et le bien-être des employés, ne sont pas uniquement une véritable révolution, ils redéfiniront les standards du futur.

On pourrait donc dire que les villes du futur sont prometteuses ?

Je crois que oui ! Nous avons tous les outils et toute la technologie pour concevoir des nouveautés vraiment excitantes ! Les villes ne datent pas d’hier, mais elles nous réservent encore beaucoup de grandes choses !