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Les données du design : quand l’IA s’invite dans l’architecture

L’intelligence artificielle (IA) est déjà bien présente autour de nous. Non seulement est-elle dans nos téléphones et nos ordinateurs, mais elle se retrouve aussi sur nos routes et dans notre quotidien. De plus, des milliards de dollars sont investis pour développer la toute première forme d’intelligence artificielle créative et indépendante. Pour le design et l’industrie de l’immobilier, ces changements appellent à transformer complètement le marché en offrant des opportunités sans précédent pour toutes les compagnies ouvertes à employer cette nouvelle technologie.

Or, lorsqu’il vient à être question de design et d’architecture, l’IA n’aide plus seulement à automatiser certains procédés, elle permet également de mettre à contribution un flot infini de données au profit de la construction de structures aussi jolies qu’utiles et efficaces.

 

Le pouvoir des données

Les entreprises suivent tous nos achats ménagers à la trace comme elles enregistrent tous les trajets effectués avec nos applications mobiles de cartographie ou ce que nous nous procurons en ligne. Si ces informations servent actuellement principalement le commerce, imaginez tout ce que le design pourrait en tirer !

« Imaginez la manière dont les concepteurs UX jaugent le parcours-utilisateur d’un internaute », évoque Ariane Truong, architecte et Directrice associée à la stratégie de design chez Montoni. « L’IA nous donne l’opportunité de collecter des données sur la manière dont les gens interagissent avec leur environnement et utilise ces informations pour aiguiller les concepteurs de demain. »

Comme le fait remarquer Ariane, tout est une question de schéma. L’IA est sur le point de faire la lumière sur une dimension invisible, mais ô combien utile pour les concepteurs ! De la même manière que la trace des pas des piétons dans la neige nous éclaire sur leurs trajets préférés, ces schémas nous permettent de mieux comprendre comment nous interagissons avec le monde qui nous entoure.

L’IA donne un pouvoir d’analyse de données aux concepteurs et leur permet de cibler les récurrences pour mieux optimiser leur travail. Dans la conception UX, cela signifie que le site web possédera un meilleur taux de conversion. En architecture, c’est plutôt une question d’un calibrage idéal pour les besoins du client.

 

La conceptualisation d’un microclimat

 « Airbnb, par exemple », continue-t-elle, « analyse les éléments de design de ses photos pour établir quelles tendances offrent le plus haut taux de retour. Le même genre de procédé peut être appliqué pour les portfolios immobiliers ».

Ce genre de données permet donc aux architectes d’avoir plus d’outils lorsqu’ils s’attaquent aux détails d’un projet. « Nous savons qu’un bâtiment montréalais est différent d’un bâtiment qu’on retrouve à Toronto ou à New York. Même son de cloche pour un immeuble de Laval comparé à un autre de ville Saint-Laurent », avance Ariane, « mais l’IA nous permet aussi d’analyser un portfolio et de l’appliquer à un microclimat. »

En d’autres mots, les architectes et les designers ne feront plus seulement des recommandations basées sur les besoins habituels d’un bâtiment à bureaux de New York. Ils auront la possibilité de prendre des décisions conceptuelles basées sur les besoins d’un bâtiment à bureaux New Yorkais d’un quartier particulier en fonction d’un millier de facteurs spécifiques aux besoins de votre entreprise.

 

L’économie du design

Si certains avaient tendance à croire que les données s’incorporent de manière incongrue à la « conception pure », il ne faudrait pas qu’ils minimisent l’impact et la portée qu’elles octroient aux décisions que peuvent prendre les architectes. Des décisions réservées autrefois exclusivement à d’autres champs d’expertise et difficiles à appliquer au design. Et il ne faudrait surtout pas négliger la dimension économique de la chose.

« Il y a toujours une portion conflictuelle entre le design et la rentabilité des bâtiments, calculés comme des investissements à long terme », mentionne Ariane. « Nous investissons dans la conception sans nécessairement être capables d’en établir des dividendes particuliers. Mais la croissance des données facilite la compréhension de la corrélation existante entre la rétention ou le bonheur des employés et l’investissement dans de l’architecture réfléchie. »

 

 Une solution élégante

 On pourrait donc en arriver à se demander si l’IA permettra véritablement d’aider les concepteurs ou si elle les chassera de leur propre métier.

« L’IA en est encore à ses balbutiements en ce qui trait à l’architecture et au design », affirme Ariane, « mais de nouvelles possibilités particulièrement emballantes se présentent à nous. Pensez seulement à la conception générative qui est en plein essor en ce moment. »

La conception générative est un procédé qui utilise la technologie dématérialisée (le nuage) pour recréer une évolution à grande échelle. Cela permet aux concepteurs d’incorporer des contraintes comme la quantification du matériel et des coûts en utilisant l’IA pour explorer un flot infini de solutions conceptuelles.

« Dans le rôle d’architecte, l’IA nous permet de brosser un tableau infini de solutions pour un problème particulier » conclue Ariane, « et c’est véritablement là qu’on retrouve l’essence même d’une bonne conception : résoudre des problèmes de manière élégante ».

© 2019 MONTONI

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